28 septembre 2008
Le Sdrif
Le Sdrif, ce schmilblick qui les agite
Son nom est barbare, son contenu technique et il est au coeur des joutes politiques franciliennes. La révision du schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) est votée aujourd'hui et demain au conseil régional. Petit débrief sur le Sdrif en questions-réponses.
· Le Sdrif, c'est quoi ? C'est un document d'urbanisme qui prévoit l'aménagement de la région d'ici à 2030 et répond à de multiples questions : où seront les zones à urbaniser ? Par où passeront les routes et les transports en commun ? Où faut-il implanter des bureaux ? Et les espaces verts ? Contrairement aux schémas régionaux (SRADT) des autres régions, le Sdrif s'impose aux plans locaux d'urbanisme des communes. Cette portée juridique unique en France s'explique par la volonté de l'Etat qui est cosignataire du document avec la région, de maîtriser le développement de l'Ile-de-France.
· Quel est son objectif ? Il doit garantir la place de la région dans la compétition économique mondiale. Mais il entend surtout lutter contre les déséquilibres est/ouest en matière d'emploi et de logement social. Historiquement, l'Est parisien, qui a accueilli les vagues d'immigration successives, est industriel, tandis que l'Ouest accueille des activités tertiaires.
· Combien ça coûte ? Impossible à chiffrer. Cela dépendra des montages financiers entre l'Etat, les collectivités locales et le privé. Le volet transports en commun pèse à lui seul 17 milliards d'euros.
· Pourquoi maintenant ? La dernière version date de 1994. A l'époque, l'Etat rédigeait seul le Sdrif et les collectivités locales franciliennes avaient émis des avis défavorables à son sujet. Un an plus tard, la décentralisation passe par là et la loi donne compétence à la région pour réviser le Sdrif « en association avec l'Etat » (lire encadré). La gauche, qui arrive au pouvoir en Ile-de-France en 1998, lance en 2004 le processus de révision et entend faire valoir sa compétence.
· N'est-ce pas redondant avec le Grand Paris de Nicolas Sarkozy ? Si, et c'est voulu. En nommant un secrétaire d'Etat à la région-capitale en la personne de Christian Blanc, l'Etat tente de reprendre la main. Depuis avril, ses services ne se présentent plus aux comités de pilotage Etat-région. Christian Blanc reste silencieux et joue la montre. Il repousse ainsi à fin 2009 la présentation de son projet. Soit peu de temps avant les régionales de 2010. En attendant, c'est le chef de file de l'opposition régionale, Roger Karoutchi, qui attaque ce qu'il appelle un « Gosplan vert ». Il demande un report du vote afin d'intégrer les propositions du secrétaire d'Etat. Derrière la bataille du Sdrif, c'est bel et bien la campagne des régionales qui a commencé.
Alexandre Sulzer
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