Le blog d'Aimé BLUTIN

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03 novembre 2008

journées franco-géorgiennes

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08 septembre 2008

Damoclès n° 84 – Premier trimestre 2000.

Le Caucase, terre de diversités, d'archaïsmes,

de devenir et marche Orientale de l'Europe.


Le Caucase, lieu de passage de grandes invasions mais lieu de développement d'une multitude de peuples autochtones


 On a recensé trente‑huit langues autochtones, dont la plupart ne sont ni indo‑européennes, si sémitiques, ni turco‑ouraliennes. Ces langues font partie d'un ensemble à part entière, celui des langues caucasiennes. Dès la plus haute antiquité ces peuples habitaient déjà le Caucase. Les peuples indo‑européens chassés ont commencé leur migration vers l'Ouest, certains passant au nord des mers Caspienne et Noire, d'autres au sud. Certains se sont établis dans le Caucase, comme les Ossètes (Indo‑européens du groupe iranien) ou les Arméniens. Ces peuples se sont fondus avec les peuples caucasiens autochtones. La fusion des cultures a donné la richesse actuelle de la région. Les nouveaux arrivants se sont sédentarisés comme les premiers occupants, se répartissant entre les plaines et les vallées au nord ou au sud du Grand Caucase, jusqu'aux confins de la chaîne du petit Caucase, qui jouxte le plateau iranien et les chaînes anatoliennes.  Entre les VIIIe et le IIIe millénaires avant notre ère, on trouve des traces de construction de villages, d'élevage de moutons, de métallurgie et de fabrication de vin.


Le Caucase, théâtre des affrontements entre de grands empires


 Dès l'antiquité le Caucase est pour l'Occident la voie vers l'Orient et vice versa. Les premiers empires s'affrontent dans cette région charnière. Les Grecs s'affrontent aux Perses Sassanides (épopée d'Alexandre le Grand et « Retraite des 10 000 »…) Dès le VIe siècle avant notre ère des cités grecques s'installent sur les bords de la Mer Noire et commercent avec le premier État de la région, l'État de Colchide. Bientôt Rome qui supplante les cités grecques affronte les Perses qui tentent de s'implanter dans le Caucase. Puis les Parthes tentent une percée vers l'Ouest et sont arrêtés par les Romains. Les royaumes géorgiens de Colchide et d'Ibérie et les royaumes arméniens sont tour à tour indépendants, occupés, ou paient tribu à l'empire romain.

 Au Moyen Âge, Byzance qui a supplanté l'empire romain, vassalise les différents royaumes caucasiens. Les Perses attaquent Byzance dans le Caucase. C'est bientôt le début des invasions arabes qui resteront près de quatre cent ans dans le Caucase. L'édification des royaumes féodaux caucasiens se fera dans les différentes luttes d'indépendance, entre autres contre les Arabes. Bientôt les invasions turques déferleront sur le Caucase. Dès le XIIe siècle l'Arménie caucasienne ‑ l'Arménie historique ‑ disparaît en temps qu'état, détruite par les Turcs. C'est l'apogée du royaume de Géorgie qui devient un État multinational unifiant le Nord Caucase et la Transcaucasie. Byzance disparaît à son tour en 1453.

 Dès le XVe siècle, les invasions ne s'arrêtent plus. D'abord les Mongols, Tamerlan fit huit « campagnes » en Géorgie, seul royaume chrétien de l'époque. Ensuite pendant trois siècles le Caucase devient le théâtre de la lutte des empires Ottoman et Perse.


Le Caucase, barrière naturelle de l'Europe

 

Si les Turcs sont arrêtés à Vienne au XVIIe siècle, c'est évident que l'Europe leur offre une résistance farouche, mais c'est aussi grâce à la résistance des peuples balkaniques et caucasiens. Jamais les Perses ni les Turcs ne furent les maîtres du Caucase, même si pendant de très longues périodes les royaumes caucasiens leur payaient tribu. Les luttes furent incessantes pendant ces trois cents ans.


Le Caucase, mélange et confrontation des grandes religions


 Dès le début du IVe siècle de notre ère, le christianisme pénètre dans le Caucase. L'Arménie devient le premier État chrétien du monde (301) la Géorgie (337) devient le troisième, après l'Éthiopie (314). Cette conversion se fait surtout en réaction aux envahisseurs perses de religion mazdéenne. Les Arabes au VIIIe siècle introduiront l'islam. Cette religion sera importée par les Perses, les Turcs et les Mongols. Les peuples montagnards du Nord Caucase ne seront convertis qu'à la fin du XVIe siècle. Loin de présenter une homogénéité, l'islam verra les sunnites s'affronter au chi'ites et le Caucase verra se développer le soufisme. De plus, des hébreux chassés par la destruction du temple de Jérusalem viendront se réfugier dans le Caucase dès le VIe siècle avant notre ère. Ceux‑ci, prenant la langue du pays et s'occupant essentiellement de culture et d'élevage, comme en Géorgie, ne subiront aucune persécution ni pogrom.


Le Caucase, barrière naturelle de la Russie contre les invasions du sud


 La Russie ne se convertit au christianisme qu'en 987 (six siècles après les peuples caucasiens) et n'apparaît en tant que grande puissance qu'au XVe siècle. Ayant souffert des invasions de l'Ouest (polonais et peuples germaniques) de l'Est (les Mongols) elle commence une expansion vers l'Est (Sibérie) et vers le Sud (Caucase). Si l'expansion vers l'Est, est une colonisation à part entière, la domination du Caucase comporte plusieurs aspects : créer une route vers le Moyen‑Orient et la Méditerranée, mais aussi créer une zone de sécurité contre deux empires : la Turquie et la Perse. La conquête du Nord Caucase se fera grâce à l'avancée de la « ligne de défense cosaque » surtout au XVIIIe siècle. Ce peuple slave venu d'Ukraine, qui avait déjà combattu les Polonais et les Turcs fut l'artisan de l'invasion en repoussant les peuples nord‑caucasiens des plaines vers les montagnes.


La lutte des nationalités contre les empires


 Si les peuples du Caucase combattaient ou s'alliaient avec les troupes de deux grands empires la Turquie et la Perse, au XVIIe et au XVIIIe siècle, ils se retrouvèrent confrontés à un troisième empire, la Russie. Chaque peuple choisit de gré ou de force un allié pour combattre l'autre. L'ennemi des nord‑caucasiens, de religion islamique, était la Russie orthodoxe, pour les Géorgiens peuple chrétien, les ennemis étaient les musulmans, qu'ils soient Turcs ou Perses. Vint se rajouter une division supplémentaire, due aux peuples montagnards du nord Caucase qui vivaient de rapines effectuées dans les riches plaines de Géorgie. La monarchie géorgienne en 1783 signe un traité d'alliance et de paix avec la Russie chrétienne pour contenir les invasions perses et turques ainsi que les razzias des nord‑caucasiens musulmans. La Russie ne respecta pas le traité et annexa la Géorgie en 1801. Quand, pendant plus de vingt‑cinq ans, Chamil avec des peuples du Daghestan et de Tchétchénie s'opposèrent farouchement aux troupes tsaristes, les nobles géorgiens enrôlés dans l'armée russe se battirent contre les combattants nord‑caucasiens.


Les peuples caucasiens à la pointe du combat contre le tsarisme

 

En 1801, la Russie annexa le royaume de Géorgie, les insurrections éclatèrent jusque dans les années 1870. Pendant la guerre que fit Chamil contre les troupes russes, il n'y eut aucun essai d'unité, d'autant moins que les turcs le soutenaient. Les Russes firent payer très cher leur victoire et une politique de colonisation fut appliquée (nomination de fonctionnaires russes, interdiction d'enseigner les langues caucasiennes, vente des terres, spoliées aux autochtones, à tout immigrant russe, etc.).

 Dès la moitié du XIXe siècle, les grandes firmes russes et internationales exploitant les gisements pétroliers de Bakou et les différents gisements de manganèse de Géorgie ainsi que les constructions des lignes de chemin de fer Bakou‑Tiflis‑Poti‑Batoumi créent les conditions d'un mouvement ouvrier qui bouleverse les vieilles sociétés patriarcales et paysannes caucasiennes. Des milliers de paysans se sont retrouvés dans de grandes unités de production et en contact avec des ouvriers spécialisés de diverses nationalités gagnés aux thèses libérales et démocratiques.

 De plus, les opposants au régime tsariste étaient exilés dans le Caucase. Les oeuvres du marxiste Plekhanov étaient diffusées à Tiflis. De nombreux intellectuels géorgiens d'origine paysanne firent leurs études en Europe occidentale (France, Allemagne, Angleterre, Suisse...) ramenant l'idéologie de progrès qui se développait dans ces pays.

 En 1885 se créent les premiers groupes marxistes en Géorgie. Le 7 février 1893 à Tiflis a eu lieu le premier congrès du Parti social‑démocrate de Géorgie (six ans avant la création du Parti ouvrier social-démocrate de Russie). Le mélange des idées nationales avec les idéaux sociaux, firent un mélange détonnant. Bientôt le Caucase fut une région en rébellion constante contre le tsarisme. A partir des grandes grèves sociales, le mouvement socialiste pris la direction de la lutte.

 Pendant la révolution de 1905, le Caucase fut à l'avant-garde des luttes. On vit une « République de Gourie » (région de la Géorgie de l’ouest) avec un gouvernement Républicain et Démocratique soutenue par des milices ouvrières et paysannes. Lors des différentes Doumas, créées après la révolution de 1905, la fraction social‑démocrate des députés russes était dirigée par des militants socialistes géorgiens.

 Lors de la révolution de 1917, la Transcaucasie s'organisa sous la direction des sociaux démocrates. Il était important pour tous les peuples caucasiens de présenter une résistance aux attaques des Turcs, alliés des Allemands. Lors du coup d'État bolchevique d'octobre 1917, la Transcaucasie resta une région organisée, alors que l'anarchie régnait partout dans l'empire russe. Les soldats russes, à l'appel des bolcheviques quittèrent le front de la Turquie, laissant le chemin libre aux troupes turques, l'invasion était imminente. D'autant que lors du traité de Brest‑Litovsk, les bolcheviques abandonnèrent le Caucase à la Turquie.


L'indépendance des peuples caucasiens


 Dès ce moment les peuples caucasiens se sentant complètement abandonnés se séparèrent de la Russie. Après une tentative d'une République transcaucasienne, chaque peuple se sépara et des républiques indépendantes virent le jour ; le 26 mai 1918 la République démocratique de Géorgie dirigée par la social‑démocratie, le 27 mai la République d'Azerbaïdjan, dirigée par des nationalistes islamiques et le 28 mai la République d'Arménie, dirigée par une coalition nationale démocrate.

 À part un malheureux conflit armé frontalier qui opposa les Géorgiens aux Arméniens, les trois républiques caucasiennes s'efforcèrent de construire leurs nouveaux États. En fonction de leurs dirigeants, des formes étatiques différentes virent le jour.

 Mais la question principale était de garder leur indépendance. Car si les Perses n'étaient plus un danger, les Turcs voulaient balayer l'Arménie pour rejoindre l'Azerbaïdjan et le pétrole de Bakou ainsi que les ports géorgiens de la Mer Noire.

 Les Russes (de Dénikine et de Trotsky) voulaient envahir l'Azerbaïdjan pour son pétrole, la Géorgie pour abattre son régime « menchevik » ses ports sur la Mer Noire et l'Arménie pour garantir sa frontière sud, face à la Turquie.

 Face à tous ces dangers le gouvernement social‑démocrate géorgien proposa et essaya de mettre sur pied une défense collective caucasienne. Dès 1919, plusieurs conférences eurent lieu, rassemblant les républiques transcaucasiennes (Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie) et l'éphémère République du Caucase Nord qui supportait les attaques des troupes russes (blanches de Denikine et rouges de Trotski). Mais les intérêts ainsi que les manoeuvres des grandes puissances firent échouer cette unité.


Le Caucase et les manoeuvres des grandes puissances

 

Les Alliés, vainqueurs de la Première Guerre mondiale, jouèrent Denikine contre les bolcheviques. Les Anglais occupèrent le port géorgien de Batoumi pour permettre d'alimenter les troupes blanches contre les rouges. Ils essayèrent en vain de convaincre le gouvernement géorgien de collaborer avec Denikine. Pour les Géorgiens, soutenir Denikine c'était revenir à l'ordre ancien. Les Alliés ne reconnurent le gouvernement géorgien que le 27 Janvier 1921, les dés étaient déjà jetés ! Les Américains, très peu influents dans la région, mais qui se posaient comme les futurs maîtres de monde, par le traité de Sèvres découpaient les frontières et accordaient à l'Arménie un territoire immense jusqu'à la Mer Noire. Ce traité ne fut jamais appliqué...

 Les Turcs, continuèrent leur avancée dans le Caucase, malgré les combats inégaux des peuples arménien et géorgien. Le territoire de l'Arménie fut réduit à une peau de chagrin. Seule l'intervention des troupes allemandes, qui ne voulaient pas que le Caucase tombe définitivement dans les mains de leurs alliés, arrêtèrent l'avancée des troupes turques en Géorgie.

 Les Russes après avoir vendu le Caucase aux puissances centrales pour obtenir la paix, ne pensaient qu'à le reconquérir. Les objectifs étaient multiples : le pétrole de Bakou (l'Azerbaïdjan), abattre un régime concurrent, la social‑démocratie, les ports de la Mer Noire (la Géorgie) garantir sa défense sud face aux Turcs (l'Arménie).

 Face à ces manoeuvres, les réponses des peuples caucasiens furent diverses. Les Nord caucasiens : à part l'éphémère République du Caucase Nord qui lutta contre les Russes (blancs et rouges) les autres n'offrirent pratiquement aucune résistance, à cette époque, d'autant plus qu'une politique d'autonomie était proposée par les bolcheviques aux peuples musulmans du nord Caucase. D'autres comme les Ossètes, achetés par Moscou furent à l'initiative de troubles lors du gouvernement de la République indépendante de Géorgie.

 Les Transcaucasiens étaient très divisés. Si les Azéris et les Géorgiens étaient des alliés contre les Russes, les Azéris ne voyaient pas d'un bon oeil une alliance avec les Arméniens contre les Turcs. Les Arméniens s'ils étaient d'accord avec les Géorgiens contre les Turcs, étaient ambigus concernant une alliance avec les Azéris contre les Russes. Les Arméniens voulaient réellement leur indépendance, mais préféraient une occupation russe à celle des Turcs.


La « soviétisation » du Caucase


 Les trois jeunes républiques de Transcaucasie, divisées subirent dès 1920 une double pression de la part des armées russes et turques. La République fédérative socialiste de Russie signa le 7 mai 1920 un traité de paix et d'amitié avec la République démocratique de Géorgie. Celle‑ci avait déjà repoussé deux attaques directes de troupes soviétiques et maté plusieurs tentatives de déstabilisation venant de Moscou. Les armées soviétiques envahirent l'Azerbaïdjan puis attaquèrent l'Arménie qui était attaquée par les troupes turques. Fin 1920 ces deux républiques étaient « soviétisées ».

 Les Alliés, loin de réagir et de les soutenir, se posaient encore la question de leur reconnaissance internationale... Le 27 janvier 1921, les Alliés reconnaissent la République de Géorgie, mais il est trop tard.

 Le 11 février 1921, les troupes soviétiques qui ont écrasé les dernières troupes blanches, attaquent la Géorgie, malgré le traité de paix et sans aucune déclaration de guerre.

 Le 23 février 1921, les troupes turques, désirant leur part du gâteau, malgré la reconnaissance de la République géorgienne, attaquent le sud de la Géorgie. Les troupes géorgiennes se battront pendant six semaines, et pour ne pas abandonner le sud de la Géorgie, obtiendront une trêve des Russes, battront les Turcs et dégageront le port de Batoumi. Le 20 mars 1921, l'indépendance des trois républiques transcaucasiennes s'effondra complètement. Elle avait durée trois ans. Cette courte expérience avait permis à ces peuples d'adopter une forme étatique moderne que de nombreux peuples de l'ex‑empire soviétique n'ont jamais eue.


Le Caucase et l'empire soviétique


 Les peuples caucasiens, passés maîtres dans le rapport avec les grands empires, adoptèrent des attitudes variées, en fonction de leur histoire, des événements et de leurs propres intérêts. Moscou qui avait, sur toute sa frontière sud de multiples peuples musulmans, eut à leur égard une politique plus ou moins conciliatrice.

 Les Arméniens, se retrouvaient avec un État qu'ils avaient perdu depuis le XIIe siècle, et pour la première fois depuis des siècles étaient protégés de leurs ennemis héréditaires, les Turcs. S'ils ne retrouvaient pas « la grande Arménie mythique », ils se contentaient de l'état de fait.

 Les Géorgiens eurent deux attitudes complètement différentes. De 1921 à 1953, ils adoptèrent une résistance très forte ; insurrection montagnarde en 1922, en 1924, une insurrection armée, organisée par les militants socialistes et dirigée par le gouvernement en exil, libéra plus de la moitié du pays pendant plus de deux semaines. L'Europe ne bougea pas, cette insurrection fut noyée dans le sang (3 000 à 5 000 fusillés, des centaines de villages détruits et des centaines de milliers de déportés en Sibérie). De 1924 à 1953 des militants clandestins en liaison avec des émissaires du gouvernement en exil, entretenaient des mouvements d'opposition et des grèves. Staline, grand russophile, leur fit payer très cher leur insoumission ; pas une seule famille géorgienne ne fut épargnée par les exécutions et les déportations, il découpa le territoire de la Géorgie avec trois républiques autonomes (nous verrons plus tard les conséquences...) et installa d'autres peuples dans certaines régions géorgiennes, rendant les autochtones minoritaires. Après 1956, les Géorgiens, qui avaient déjà connu le poids des grands empires, s'adaptèrent très bien des contradictions du régime, d'autant plus que le Caucase est une terre riche et que Moscou était éloigné.


La République de Transcaucasie


 En 1922, Moscou créa la République de Transcaucasie rassemblant l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie avec Tbilissi comme capitale, et la République Montagnarde incluant la Tchétchénie, l'Ingouchie, l'Ossétie la Kabardie et la Karatchie. Pour ces peuples montagnards, c'était la première forme étatique moderne de leur histoire. Pour mater l’opposition géorgienne, Moscou créa en Géorgie la République autonome d' Ossétie du Sud et d’Adjarie. Après l'insurrection de 1924, pour punir les Géorgiens, en 1925, Moscou créa la République d'Abkhazie.


La constitution de 1936


 Devant la diversité des nombreux peuples, le pouvoir soviétique éclatera la République Montagnarde en plusieurs Républiques autonomes de la Fédération de Russie de 1922 à 1924. En 1936, lors de la nouvelle constitution ; Moscou accordera le statut de république à part entière aux trois républiques de Transcaucasie, la République d’Arménie, la République d’Azerbaïdjan et la République de Géorgie, la région étant complètement contrôlée par son ami Lauvrenti Beria et ses amis caucasiens.


Le Caucase lors de la Seconde Guerre mondiale


 Lors de la Seconde Guerre mondiale, Moscou installa toute son industrie derrière la ligne de front Leningrad-Moscou‑Stalingrad, au‑delà de l'Oural. Les peuples slaves de l'URSS (Russes, Ukrainiens et Biélorusses) furent très largement mobilisés, ainsi que les peuples baltes, mais aussi les peuples chrétiens du Caucase (Arméniens et Géorgiens). Les peuples turco‑mongols ainsi que musulmans furent beaucoup moins mis à contribution. Par exemple sur une population de 3 500 000 habitants les Géorgiens fournirent 700 000 combattants dont 380 000 furent tués sur les fronts, notamment en Crimée. Les troupes allemandes, qui avançaient en direction du pétrole de Bakou, occupèrent le Caucase Nord, mais furent arrêtées à la chaîne du Grand Caucase, qu'elles ne purent franchir. Lors de l'occupation du Caucase Nord, de nombreux combattants furent enrôlés, de gré ou de force, par les troupes allemandes. Volonté de collaboration pour combattre Moscou ou enrôlement forcé ? La question reste entière, encore à ce jour.


L'après‑guerre


 Staline, en 1944, donna l'ordre de punir les peuples accusés de collaboration, mais aussi les peuples qui pouvaient avoir des relations avec les Turcs car déjà la guerre froide, se dessinait. En deux mois tous les Ingouches et Tchétchènes furent déportés dans les républiques d'Asie centrale et plus tard les Turcs Meskhtes, installés depuis deux siècles à la frontière géorgienne avec la Turquie. Dans cette région frontière avec la Turquie, Moscou installa plusieurs peuples, autres que Géorgiens, alternant village d'Azéris (musulmans) village arménien (chrétiens) village Kurde (musulmans) et ainsi de suite. Les Géorgiens virent des provinces historiques géorgiennes occupées par d'autres peuples et la haine s'installa entre les villages de religion et d'ethnie différentes. Aucune unité n'était possible contre Moscou !


Le Caucase sous le régime de Brejnev


 Avec le pourrissement de l'empire soviétique, les particularismes ainsi que « les économies parallèles » se développèrent dans tout le Caucase (Nord Caucase et Transcaucasie). Les terres étant riches, le climat serein, le Caucase devint bientôt la partie de l'URSS où il faisait « bon vivre ». Moscou avait besoin « d'une vitrine », le Caucase pouvait jouer ce rôle. La politique du Parti, qui ressemblait souvent à des politiques de clans, s’appuyait très bien sur les clans, habitude des peuples caucasiens. Pendant ce temps, sous l'aspect de l'art et de la culture, se développaient des volontés d'autonomie et d'indépendance, revendications qui ne se sont jamais éteintes malgré l'occupation russe.


Les Républiques caucasiennes et la chute de l'URSS


Il est intéressant de remarquer que si Staline d'origine Osséto‑géorgienne et grand russophile construit ce qui devint la seconde puissance mondiale, Gorbatchev (nord‑caucasien) et Chévardnadzé (Géorgien) furent les artisans de la chute de l'URSS en tant qu'empire.


L'ultra‑nationalisme et la lutte pour l'indépendance


 Si le mouvement des pays baltes débuta plus tôt, les républiques caucasiennes furent animées de la volonté d'indépendance. Mais les mouvements indépendantistes étaient dirigés par l'ultra‑nationalisme.  L'Azerbaïdjan et l'Arménie se déchiraient les armes à la main ; pogroms anti‑Arméniens à Bakou et conflit armé, à l'arme lourde dans le Haut Karabagh. En Géorgie, la fièvre nationaliste gagna les populations géorgiennes et un ultra‑nationaliste, Zviad Gamsakhourdia fut élu avec plus de 60 %. Celui ci « voulant châtier les mauvais géorgiens, au nom de la foi chrétienne » s'attaqua aux minorités nationales, Abkhazes, Ossètes, etc., qui eux‑mêmes étaient manipulés par Moscou et agités par ce même nationalisme. L'ennemi de l'indépendance n'était plus Moscou, mais l'AUTRE, le voisin avec qui, on avait vécu des dizaines d'années, voire des siècles.


Les conflits nationalistes l'emportent


 Le Caucase se couvrit bientôt de conflits armés importants. L'Azerbaïdjan qui n'acceptait pas d'entrer dans la CEI (Communauté des États indépendants, marché commun dominé par Moscou, ou nouvelle forme de l'ancien empire soviétique) défendait le territoire du Haut Karabagh ‑ enclave habitée par près de 80 % d'Arméniens, donnée par Staline aux Azéris ‑ attaqué par les troupes arméniennes. L'Arménie, voulant le soutien de Moscou, accepta d'entrer dans la CEI, et les troupes arméniennes furent fournies en armes par Moscou, ce qui leur permit d'occuper complètement ce territoire avec un corridor important. Lorsque l'Azerbaïdjan, sous la pression, accepta d'entrer dans la CEI, le front se stabilisa...

 En Géorgie, le cycle provocation‑répression fit son effet, les Ossètes qui étaient sur le territoire géorgien depuis le haut moyen âge, demandaient leur indépendance en « voulant la réunification avec l'Ossétie du Nord » qui elle‑même faisait partie de la Fédération de Russie. Un conflit armé éclata, les géorgiens majoritaires dans la capitale Tkhsinvali, face aux attaques ossètes évacuèrent la ville. Un vote de l'ONU reconnut le territoire de l'Ossétie du Sud comme territoire géorgien et donna un mandat aux troupes russes afin « d'assurer la sécurité »...

 Dès 1991, Doudaiev, colonel de l’armée rouge, d’origine Tchétchène, essaie de créer la « République des peuples du Caucase Nord ». Il doit faire face à trois problèmes : unifier une mosaïque de peuples aux langues différentes (plus de cinquante) ; trouver un débouché sur la mer Noire ; et contrôler les trafics en tout genre.

 Cette unification devient un pari presque impossible, dès 1992, l'Ingouchie, ne désirant pas affronter directement la Fédération de Russie, se sépare de la Tchétchénie. Le Daghestan, mosaïque de peuples (une quarantaine) qui ne vit que du passage du pétrole de Bakou sur son territoire, reste fidèle à Moscou.  L'Ossétie du Nord, qui vit du trafic d'alcool avec la Russie du Sud et ne voulait pas de conflit avec les Russes, reste dans le giron de Moscou.

 Le débouché sur la Mer Noire est vite trouvé : les nationalistes Abkhazes (partie nord‑ouest de la Géorgie) entrent en conflit avec le gouvernement ultra‑nationaliste du président géorgien Gamsakhourdia. Quand celui‑ci sera renversé, Chévardnadzé se trouvera confronté à une véritable guerre (août 1992‑septembre 1993). La jeune armée géorgienne dut faire face aux troupes abkhazes complètement équipées par les Russes, aux volontaires Tchétchènes armés par les Russes, aux volontaires Russes sans oublier l'intervention directe des Russes (marine et aviation). Les Tchétchènes furent les acteurs directs d'une épuration ethnique, plus de 30 000 Géorgiens furent massacrés (les cadavres eurent la tête et les mains tranchés, vieille « coutume » datant du Moyen Âge, pour que les familles rachètent « ces trophées » afin de permettre l'enterrement) et 250 000 réfugiés géorgiens furent expulsés de l'Abkhazie, pression forte sur la frêle économie de cette République transcaucasienne de 5 500 000 habitants.


Les bombes à retardement de Staline explosent


 Tous ces conflits, qui s'appuient sur l'ultra‑nationalisme sont les conséquences directes d'une politique de découpages arbitraires instaurée par Staline.

 Pour punir les Géorgiens qui avaient soutenu la social‑démocratie (1918‑1921), la République autonome d'Ossétie du Sud est créée en 1922. Ces mêmes géorgiens se soulèvent en 1924, la République d' Abkhazie est instaurée en 1925...

 En Azerbaïdjan une enclave est créée, peuplée de 80 % d'Arméniens, le Haut Karabakh. Mais en contrepartie une enclave peuplée d'Azéris est créée en Arménie à la frontière turque.

 Moscou déporte des peuples « coupables » et, en même temps, fait occuper ces territoires par des peuples plus « sages » ‑ comme en Tchétchénie‑Ingouchie ou des conflits éclatent entre les Ossètes installés dans des pâturages revendiqués par les Ingouches.

 Moscou crée, aussi des « damiers explosifs » de villages aux nationalités et religions différentes comme dans le sud de la Géorgie. Ces « régions damiers » sont des foyers d'instabilité permanente : par exemple si une vache est volée dans un village azéri, une expédition punitive est immédiatement organisée contre le village kurde ou arménien le plus proche ; si une femme arménienne est insultée, la réplique ne se fait pas attendre...

 Quarante ans après sa mort, ses « bombes à retardement » fonctionnent à merveille.


Les difficiles et cruelles indépendances


 Pour tous les peuples du Caucase l'effondrement de l'URSS (Nord Caucase et Transcaucasie) et l'indépendance (les trois Républiques de Transcaucasie) transforment un espoir en cauchemar ; l'addition est lourde. Excepté l'Azerbaïdjan, puissance pétrolière, la structure de production de l'Arménie et de la Géorgie s'est effondrée complètement en raison des effets de la division du travail imposée par l'URSS.

 L'Arménie n'existe pratiquement que grâce à une diaspora très importante, tandis que la Géorgie n'a vécu, pendant les premières années de son indépendance, que par la richesse de ses terres. Aucun investissement, production réduite des structures étatiques fragiles et naissantes, poids des conflits armés, sans oublier le poids des pratiques maffieuses ou affairistes, tout ceci est loin de favoriser un bon départ pour ces jeunes États. Mais pour couronner le tout, le Caucase est de plus en plus l'enjeu des manoeuvres des grandes puissances.


Le Caucase enjeu des grandes puissances.


Une situation explosive en Russie


 Malgré l'aide financière conséquente des pays occidentaux, la situation ne se stabilise pas en Russie et les dégâts du libéralisme sauvage frappent les populations russes de plein fouet. L'État russe, loin de s'édifier, paraît n'être qu'au service des milieux d'affaires qui mêlent contrebandes, trafics, corruption et clans maffieux. Le pouvoir est frappé par les scandales financiers du clan d'Eltsine (et les autres...). Tout à coup des attentats éclatent à Moscou tuant aveuglément la population. Le nationalisme et la xénophobie aidant, les coupables sont désignés : les Tchétchènes, les Nord‑Caucasiens, les « culs noirs » comme on les nomme, mais par extension tous les Caucasiens « qui rêvent d'indépendance ». La troupe peut intervenir sans problème, il faut châtier les coupables.

 Le pouvoir actuel russe a besoin de montrer sa force et son pouvoir pour rassurer les électeurs russes pour les prochaines élections. D'autant que le camp de la démocratie est très faible alors que tous les autres courants surfent sur les vagues déferlantes du nationalisme, du chauvinisme et de la xénophobie. Ces mouvements largement majoritaires ne peuvent concevoir l'effondrement de leur ancien empire. Dans le contexte de la mondialisation et des luttes d'influences qui s'y rattachent, aucun Russe n'acceptera la perte de ces territoires. A cela s'ajoute toutes les considérations d'ordre sécuritaire. Le Caucase reste pour les Russes la dernière défense contre les peuples du Moyen‑Orient.


Les trusts pétroliers se disputent l'or noir de la Caspienne


 Il y a le pétrole de l'Azerbaïdjan (Bakou), le pétrole de Tchétchénie, le pétrole du Daghestan, mais il y a surtout les énormes réserves de pétrole du Kazakhstan et le gaz du Turkménistan. Aujourd'hui, tout arrive sur Bakou et de là, il y a deux routes possibles :

  • l'oléoduc qui passe par le Daghestan, la Tchétchénie et débouche sur      la Mer Noire à Novorossisk. Le pétrole est chargé sur des pétroliers,      envoyé vers l'Europe via les détroits turcs. Les Russes ont un intérêt      énorme sur cette route, mais la Tchétchénie demande sa part du «      gâteau » et détourne allègrement cette « manne »,
  • l'oléoduc qui passe par l'Azerbaïdjan, traverse la Géorgie et qui      débouche sur la Mer Noire pour être envoyé vers l'Europe via les mêmes      détroits turcs. Cette route favorisant une indépendance relative des      républiques Transcaucasiennes et asiatiques de la CEI, n'intéresse pas les      Russes. Ce projet a été imposé aux Russes par les compagnies pétrolières      occidentales et turques.

 Pour contrer le danger tchétchène, les Russes ont prévu deux projets pour contourner la Tchétchénie.

 Pour contrer la route géorgienne, les Russes ont intérêt à prolonger le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, à entretenir une pression constante sur la Géorgie (le conflit de l'Abkhazie, les attentats contre Chevardnadzé), en deux mots intérêt à déstabiliser les trois républiques de Transcaucasie.

 L'Arabie saoudite, mécontente de ces solutions, car elles limitent son propre marché, joue un rôle dans le financement des groupes fondamentalistes qui agissent en Tchétchénie et au Daghestan, rajoutant des troubles supplémentaires dans cette région.


Le Caucase carrefour important du tracé de la TRASECA


 La mondialisation demande de nouvelles voies de circulation et d'échanges. Un projet gigantesque s'organise de jour en jour, la TRASECA (la Trans‑Europe-Caucase‑Asie) reliant ces trois régions entre elles par des voies maritimes, routières et ferroviaires, sans oublier les oléoducs et gazoducs. L'axe Ukraine ‑ Mer Noire -Géorgie – Azerbaïdjan ‑ Mer Caspienne – Turkménistan - Ouzbékistan – Kazakhstan ‑ Chine devient réalité, relançant ainsi, l'ancienne route de la soie. Ce corridor des échanges internationaux en évitant des régions à très hauts risques (l'Iran, l'Irak et l'Afghanistan) est appelé à jouer un grand rôle économique. Là encore, avec des républiques réellement indépendantes, la Russie risque de rester en marge de ce projet. La déstabilisation de tout le Caucase est pour elle un objectif majeur.


La Tchétchénie, extrémisme religieux et trafics en tout genre


 Il faut remarquer que les armes fournies par les Russes aux Tchétchènes lors du conflit en Abkhazie contre la Géorgie, se retournèrent contre eux pendant le conflit de 1994‑1996.

 Le contrôle de tous les trafics est une activité importante des différentes forces Tchétchènes. Le Caucase est devenu depuis l'effondrement de l'URSS une plaque tournante du trafic de la drogue souvent dirigé avec les militaires revenant d'Afghanistan. Le Caucase fournissait près de 80 % de l'alcool consommé en URSS. Aujourd'hui, la Fédération de Russie a fermé ses frontières du Caucase à l'alcool, afin de mieux organiser une pression économique sur les républiques Transcaucasiennes (ce marché était une source importante de revenus pour celles‑ci) d'où l'importance de ces trafics de contrebande fort juteux. Les généraux russes jouent avec le feu en vendant à n'importe qui, d'énormes stocks d'armes. Les réseaux des mafias étant très liés, les Tchétchènes font la liaison entre Moscou et l'Asie centrale.


Les pays occidentaux et le Caucase


 Jusqu'alors l'Europe semble hésiter à s'investir dans le Caucase même si les Anglais investissent par le biais des compagnies pétrolières et si les Allemands essaient de retrouver leur politique d'investissement du début du siècle. De ce fait ces deux pays semblent soutenir l'Azerbaïdjan et la Géorgie, depuis la création de l'oléoduc Bakou-Tbilissi‑Soupsa, intérêts pétroliers obligent. Mais on peut se demander quelle est la politique européenne concernant le Caucase ?

 Lors des différents conflits caucasiens des années 90 (le Karabagh, l'Abkhazie, l'Ossétie) l'Europe laissait les pleins pouvoirs à la Russie « pour rétablir la paix.. » ??? Alors qu’elle était, très souvent, à l’initiative de ces conflits.

 Les États‑Unis commencent à placer leurs pions dans cette région. L'ambassade américaine à Tbilissi est passée de quarante à cent vingt personnes. En 1998, l'investissement américain représente 36 % des investissements étrangers en Géorgie, 7,9 % pour la Russie, 6,3 % pour la Turquie et 33,4 % seulement pour tous les pays européens.


La Turquie et le Caucase


 La Turquie, si elle n'exerce plus de pression directe sur le Caucase, n'a toujours pas renoncé à son ancien rôle. Aujourd'hui le Caucase est, pour elle, une zone de nouveaux marchés. Les compagnies pétrolières occidentales ayant imposé aux Russes la construction de l'oléoduc Bakou‑Tbilissi‑Soupsa débouchant ensuite sur les détroits, qu'elle contrôle, la Turquie a intérêt à maintenir une certaine stabilité sur cette région.

 Concernant le port géorgien de Batoumi, qu'elle considère comme lui appartenant, la présence des troupes russes l'empêche d'aller plus loin dans ses projets. La Turquie est tentée de relancer son vieux projet d'unification du monde turc (panturquisme) de Bulgarie aux confins de la Mongolie. En effet toute cette région est composée de différents peuples de langue turque. Seules l'Arménie et la Géorgie interrompent la continuité entre Istanbul et les confins de la Sibérie. Plusieurs tentatives de sa part existent pour créer une zone de marché avec l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Turkménistan et l'Ouzbékistan.


Quel avenir pour le Caucase ?


 Aujourd'hui seules les trois républiques de Transcaucasie ‑ Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie ont par leur culture, leur histoire et leur développement, des expériences démocratiques d'État. Mais même sur ce sujet, il faut être prudent, car ces expériences ont été courtes et sont aujourd'hui fragiles (voir l'attentat en plein Parlement arménien). Par contre, les peuples du Nord Caucase n'ont jamais eu, historiquement, ces expériences. Ils sont sortis directement du féodalisme pour entrer dans le régime soviétique. De plus, la religion et les coutumes pèsent et ralentissent leur marche vers la démocratie.

 L'Europe et les États‑Unis ne voient, sur cette partie du monde que de nouveaux marchés et des intérêts stratégiques. Même si la Géorgie a été reçue au Conseil de l'Europe le 27 avril 1999, la Communauté européenne semble hésiter à définir les contours de l'Europe et ses « marches orientales ».

 Les Russes sont coincés entre une politique impérialiste envers les Républiques caucasiennes et la sécurité des frontières sud que représente le Caucase contre les peuples musulmans. La Russie voit d'un très mauvais oeil le développement du projet de la TRASECA, qui la marginalise et qui, de fait, rejette les Républiques caucasiennes dans le camp occidental.

 L'unité caucasienne n'est pas à l'ordre du jour. Même si elle paraît comme une utopie, elle présente pourtant la seule solution pour une stabilisation définitive sur cette région. Celle‑ci peut prendre forme avec le développement du projet de la TRASECA.

 Tant que cette situation ne change pas, il y aura encore des conflits armés, directs ou indirects, entre l'empire et sa périphérie, entre les Républiques entre elles et d'autres « coups tordus » de tous genres, des épurations ethniques, des bombardements, des peuples pris en otages et des massacres datant d'un autre âge.


Thierry Berichvili est président de l'Association française culturelle et d'amitié avec le peuple géorgien


03 septembre 2008

Special Géorgie

Je vous invite à lire ci-dessous notre dossier

Spécial Géorgie

  • un aperçu historique
  • quelques dates importante
  • le communique de presse des Associations
  • une invitation

télécharger invit_georgie_18092008 l'invitation

Photos de la manifestation
12 Aout 2008 a Paris

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- Thierry Berichvili -


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Spécial Géorgie

Communiqué de Presse sur
la Situation en Géorgie.


  • Retrait des forces armées russes de Géorgie,
  • sécurité pour toutes les populations civiles,
  • respect du droit international.

 Les derniers évènements qui viennent de se dérouler en Géorgie, particulièrement depuis les premiers jours du mois d’août 2008, nous montrent l’invasion par les forces armées russes, d’un Etat reconnu par toutes les organisations internationales.

 La Géorgie reste occupée par les troupes russes malgré la signature d’un cessez-le-feu, par les deux parties.

 Pour le règlement de ce conflit, il est indispensable de dégager les termes et les conditions d’une véritable cohabitation de toutes les populations et communautés, dont cette terre, a eu la capacité dans le passé.

 Pour que soient rétablie la pleine souveraineté de l’état géorgien, respecté le droit international, garantie la paix et de la sécurité en Europe, il est impératif que les organisations internationales assurent :

· L’intégrité territoriale de la Géorgie, Etat membre de l’ONU,

· Le départ des forces armées russes,

· La présence de forces d’interposition extérieures au conflit (Union Européenne, ONU),

· La mise en place immédiate d’observateurs contrôlés par les organisations internationales, sur toutes les zones de combat, la libre circulation et sécurité des médias nationaux et internationaux,

· La sécurité de tous les civils, résidant sur les zones de conflit,

· Le retour de tous les réfugiés dans le calme et l’équité dans leur résidence d’origine,

· Une aide humanitaire d’urgence pour toutes les populations déplacées,

· L’aide financière nécessaire à la reconstruction sans délai des villes et villages touchés par les bombardements.

· Association Géorgienne de France (ozourabichvili@georgie-agf.eu),

· Institut Noé JORDANIA (institut_noejordania@club-internet.fr),

· Association Foyer Géorgien de Leuville-sur-Orge,

· Association française culturelle & d’amitié avec le peuple géorgien (t.berichvili@free.fr)

· Association Caravansaraï – Echanges Artistiques (shalvak@free.fr),

· Association Véra Pagava (elisso@noos.fr),

· Marcho Doryila - Association de soutien au peuple Tchétchène (marcho@marcho.net),

· Le Moulin de Paata (pkourdadze@free.fr),

· Association Bègles-France / Tbilissi-Géorgie (tsitsifr@hotmail.com)


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Special Géorgie

La Géorgie,

aperçu historique


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Les activités productives (agriculture, apiculture, viticulture et élevage) apparurent très tôt en Géorgie.

 Dès l’antiquité on trouve des traces de civilisation avec des premiers signes de culture du froment et de l'art de travailler le métal.

 Au VIe siècle avant notre ère, les Grecs installent des comptoirs sur le littoral caucasien de la Mer noire. A cette époque, il existait déjà un premier royaume Géorgien, La COLCHIDE.

 Au IVe siècle avant notre ère, se forme un second royaume dans l'est du pays, L'IBERIE.

 

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Carte des états géorgiens au IIIe siècle, avant notre ère.

Dans la seconde moitié du Ier siècle de notre ère, les 2 royaumes furent conquis par les Romains. Les deux royaumes, après s'être débarrassée de l'occupation militaire restèrent alliés des Romains.

En 337, la Géorgie reconnut le Christianisme comme religion officielle.

Du Ve siècle au VIIe siècle, lutte contre les Perses, Byzance et les arabes.

Du VIIIe au IXe la féodalité s'affirme sous la forme de plusieurs petits royaumes tantôt indépendants, tantôt vassaux.

Au cours du Xe siècle, sous l'égide de la dynastie des Bagration, la réunification du pays s'effectue peu à peu. En 978, le roi Bagrat III devient le roi de la Géorgie réunifiée.  

En 1080, les Turcs Seldjoukides arrivant des steppes de l'Asie Centrale envahissent le Caucase et attaquent la Géorgie.

David le Constructeur, unissant toutes les forces du Caucase, déclenche en 1120 l'offensive victorieuse contre les Turcs. En 1121, Tbilissi est libéré.

Au XIIe siècle, la Géorgie connaît son apogée sous le règne de la reine THAMAR (1184-1213). La Géorgie devient l'une des grandes puissances du Moyen-Orient. Tous les Etats du Caucase sont protégés par le royaume de la Géorgie qui repousse Turcs et Perses.


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Carte de l’Apogée du Royaume de Géorgie au XIIe et XIIIe siècles.

Malheureusement, au XIIIe siècle, les Mongols envahissent le Caucase, semant la mort et la désolation. Leur domination dure jusqu'au début du XIVe siècle. Les hordes de Tamerlan, au cours de 9 campagnes meurtrières, ruinèrent le pays.

Du XVe au XVIIIe siècle, la Géorgie est le théâtre de l'affrontement permanent des Empires Ottoman et Perse.

 En 1783, IRAKLI II signa un traité d'amitié avec Catherine II de Russie. En effet, les Géorgiens orthodoxes préféraient la Russie orthodoxe à la Turquie et à la Perse musulmanes.

Mais la Russie n'avait qu'un seul but : l'extension de son empire vers le sud. La Russie laissa les invasions turques et persanes affaiblir la Géorgie et en 1801, malgré le Traité de paix signé, la Géorgie fut annexée et devint une province de l'empire de Russie. Le régime tsariste appliqua une rigoureuse politique colonialiste d'assimilation (déportation de la noblesse et de la famille royale, élimination de la langue géorgienne des administrations, répression des mouvements démocratiques). Malgré les nombreux soulèvements de 1804, 1812, 1819, 1820, 1832, 1857, 1865, la Géorgie resta sous la domination russe.

La fin du XIXe siècle fut une époque de résurrection de « l'âme nationale » dans laquelle put naître un nouvel espoir de la restauration de l'indépendance.


Après leur coup d'Etat, les Bolcheviques signent avec l’Allemagne le traité de Brest-Litovsk. Ce traité donne tout le Caucase aux Turcs, alliés de l’Allemagne. Face à ce danger d’invasion, le 26 mai 1918 La Géorgie déclara son indépendance sous la direction du parti Social-démocrate de Géorgie.

 Le gouvernement dirigé par Noé JORDANIA mit en pratique des réformes sociales avancées dont une réforme agraire de distribution des terres et un modèle de développement économique. Il fit adopter une constitution démocratique (vote des femmes, autonomie politique pour les minorités nationales etc), fit voter des lois sociales (journée de travail de 8 heures, interdiction du travail des enfants, etc), et se fit reconnaître au niveau international.

            Le 27 janvier 1921, la SDN (Société des Nations) reconnaît officiellement la République démocratique de Géorgie.

          Malgré un traité d'amitié avec la Russie soviétique signé le 7 mai 1920, quelques mois plus tard, le 11 février 1921 les troupes russes avec les troupes turques envahissent la Géorgie.

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Carte de l'invastion des troupes de l'armée rouge de la République démocratique de Géorgie du 11 février au 20 mars 1921. Cela malgré un Traité de reconnaissance et de paix signé par les 2 Etats le 7 mai 1920

Pour tenter d’affaiblir la volonté du peuple géorgien qui reste fidèle à son Gouvernement, la Russie soviétique crée sur le territoire de la Géorgie, 2 républiques autonomes, l’Ossétie du Sud et l’Adjarie.

De nombreux soulèvements populaires contre l’occupation russe ont lieu.

En 1924, une insurrection nationale secoue pendant près de 3 semaines plus de la moitié de la Géorgie. La répression est brutale : plus de 3 000 morts, des centaines de milliers de Géorgiens sont déportés en Sibérie et des centaines de villages sont brûlés.

Pour briser ces soulèvements la Russie soviétique détache l’Abkhazie de la Géorgie. Alors que de 1922 à 1936, la Géorgie (avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan) fait partie de la République Transcaucasienne, l’Abkhazie devient une république à part entière en 1925.

La Constitution soviétique de 1936 recrée les républiques d’Azerbaïdjan, d’Arménie et de Géorgie en y réintégrant l’Abkhazie.

 

 

En 1941, les Géorgiens furent mobilisés dans l'Armée Rouge soit 700 000 soldats sur 3 500 000 habitants. Jamais la Géorgie ne fut occupée par les troupes allemandes, mais les troupes géorgiennes furent envoyées sur les champs de batailles les plus meurtriers : 350 000 Géorgiens périrent.

 De 1950 aux années 80, la Géorgie connut une période de développement relatif permettant un certain développement culturel et le retour des idées autonomistes et indépendantistes.


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Carte des états du Caucase. Toutes les républiques du Nord Caucase sont des républiques autonomes faisant partie de la Fédération de Russie

 En 1991, profitant de l'effondrement de l'URSS, la Géorgie retrouve son indépendance. Son nouveau président, Gamsakhourdia, par une politique chauvine, déclenche des conflits armés avec les minorités nationales habitant la Géorgie depuis des siècles, Ossètes du sud et Abkhazes. Cela provoque une guerre civile et plonge le pays dans un chaos économique accentué par la désorganisation de l'ex-URSS.

           En mars 1992, après avoir renversé Gamsakhourdia, l'opposition appelle Edouard CHEVARDNADZE, l'un des théoriciens de la Perestroïka et ex-ministre des Affaires Etrangères de Gorbatchev, pour diriger le pays.

En octobre 1992, CHEVARDNADZE, lors d'élections démocratiques, est élu président de la République de Géorgie. Il « hérite » de 2 guerres avec les séparatistes Abkhazes et Ossètes, peuples habitant la Géorgie depuis des siècles. Ces conflits provoquent l’exil de plus de 250 000 Géorgiens qui habitaient ces régions. La Russie qui n’accepte pas l’indépendance de la Géorgie est à l’initiative de ces conflits armés et l’oblige à entrer au sein de la CEI (Communauté des Etats Indépendants).

1994, La Géorgie est reconnue par l'ONU.

La communauté internationale, si elle reconnaît l’intégrité territoriale de l’Etat géorgien, acceptera que les forces armées russes soient le contingent des forces d’interposition, entre les Géorgiens et les Abkhazes d’une part et les Géorgiens et les Ossètes de l’autre, par l’accord du 15 mai 1994. Fait rare dans l’Histoire : les forces armées d’un pays envahisseur obtiennent un mandat international pour « assurer la paix » dans le pays souverain où elles soutiennent un soulèvement armé !

 Le 27 avril 1999, la Géorgie entre dans le Conseil de l'Europe (anti-chambre de l’Union Européenne) CHEVARDNADZE essaie d’établir des rapports équilibrés entre la Géorgie, l’Europe, les USA et la Fédération de Russie, au niveau international.

 A l’intérieur, de graves problèmes s’installent :

· Au plan économique d’abord, faibles capitaux, industrie pratiquement détruite, 30 à 40 % de chômeurs, bas salaires, 250 000 réfugiés d'Abkhazie,

· Au plan démocratique également : institutions démocratiques absentes, poids des administrations héritées des soviétiques, poids des clans affairistes.

 L’état économique du pays, continue à se dégrader et pour la première fois de sa longue Histoire, le pays voit se développer une émigration économique très importante. L’instabilité due aux différents affrontements qui continuent et très souvent à l’initiative de Moscou, empêche les investissements, nécessaires au développement et à la relance de l’économie.

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Carte des oléoducs qui traversent le Caucase en 2000.


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Carte de la TRACECA, voie économique reliant l’Europe à l’Asie en passant par le Caucase, mais en évitant la Russie, l’Iran et l’Afghanistan.


Novembre 2003, la « Révolution des Roses », remettant en cause le résultat des élections législatives amènent la démission du président Edouard CHEVARDNADZE sans effusion de sang.

Le 4 janvier 2004, Mikhaïl SAAKACHVILI est élu président de Géorgie. Il choisit de s’appuyer sur les USA.

2006, l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Soupsa est complètement rénové et développé. Le port de Poti, sur la Mer Noire est aménagé pour recevoir des super tankers. Les russes abandonnent les bases stationnées en Géorgie.

 2007, L’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan est terminé. Il permet le transport du gaz d’Asie centrale et d’Azerbaïdjan en évitant de passer par la Russie Il arrive directement dans la méditerranée.

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Tracé de l’oléoduc Bakou – Tbilissi – Ceyhan qui achemine à travers le Caucase 1% de la consommation mondiale du pétrole provenant du Kazakhstan en évitant la Fédération de Russie.



2008, La Géorgie demande son entrée dans l’OTAN. En août, la Géorgie est envahie par les forces armées russes.


  Thierry BERICHVILI


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Association francaise culturelle & d'amitié avec le peuple géorgien

3 rue St Pierre 91220 Brétigny - t.berichvili.free.fr




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Spécial Géorgie

Quelques dates historiques.

                               
 

1783

 
 

Irakly II, roi de la Géorgie orientale, signe un   traité d’amitié avec Catherine II de Russie. Ce traité reconnaît ces 2 états   comme des états indépendants. Les signataires de ce traité s’engagent à se   porter assistance en cas d’invasion par un tiers état.

 
 

1795

 
 

La Perse envahit la Géorgie, la Russie ne bouge   pas.

 
 

1801

 
 

La Russie bafoue le traité signé en 1783 et   commence l’annexion de la Géorgie et du Caucase.

 
 

3 mars 1918

 
 

La Russie Soviétique signe avec l’Allemagne le traité   de Brest-Litovsk, donnant, entre autre, tout le Caucase à son   allié, la Turquie. Devant cette nouvelle trahison,

 
 

26 mai 1918

 
 

La Géorgie proclame son indépendance et devient la   République démocratique de Géorgie. Cette République donne une large autonomie   culturelle et politique aux minorités nationales qui sont présentes sur le   sol géorgien depuis des siècles.

 
 

7 mai 1920

 
 

La Russie Soviétique et la République démocratique de Géorgie signent   un traité de reconnaissance mutuelle et de Paix.

 
 

27 janvier 1921

 
 

La Société des Nations reconnaît officiellement la   République démocratique de Géorgie.

 
 

11 février au

 

20 mars 1921

 

La Russie soviétique envahit de la République   démocratique de Géorgie, sans que la Société des Nations, ni l’Europe ne   bougent.

 

 C’est le premier traité rompu unilatéralement par la Russie soviétique. La Société des Nations et l’Europe n’interviennent pas et même, commencent un processus de reconnaissance de la Russie soviétique.

                   
 

1922

 
 

Pour casser le peuple géorgien, la Russie   soviétique décide de créer les Républiques autonomes de l’Ossétie du Sud et   d’Adjarie, toutes les 2, territoires historiques de la Nation géorgienne.

 
 

1924

 

Août – septembre

 
 

Insurrection nationale du peuple géorgien contre   l’occupant russe. La répression est effroyable : plus de 3 000 morts   et plusieurs centaines de milliers de   déportés géorgiens. Les états européens commencent leurs démarches pour la   reconnaissance de l’URSS.

 
 

1925

 
 

Pour casser la volonté du peuple géorgien, la   Russie soviétique, crée la République d’Abkhazie, territoire historique de la   Nation géorgienne.

 
 

1991

 
 

Lors de la chute de l’URSS, la Géorgie recouvre   son indépendance.

 
 

1992 – 1993  

 
 

La Russie   suscite des troubles et soulèvements en Abkhazie et en Ossétie du sud. Des   combats meurtriers font plus de 10 000 victimes géorgiennes et provoquent   l’exil de plus de 250 000 géorgiens.

 

 L’ONU reconnaît l’intégralité du territoire de la Géorgie, critique les conflits armés et pour « ASSURER LA PAIX » dans cette région, confient un mandat de « maintien de la paix » aux troupes russes sur ces 2 territoires. L’Europe si elle reconnaît la Géorgie au Conseil de l’Europe, semble accepter cette situation et le rôle « de gendarme » de la Russie.


Août 2008.

Depuis plus de 15 années, les forces « du maintien de la paix » russes sont à l’initiative de provocations anti-géorgiennes dans ces 2 régions.

Depuis le début d’août 2008, les provocations s’amplifient (tirs de missiles et d’armes automatiques) contre les villages et les civils géorgiens.

                                       
 

10 août 2008

 
 

Les forces   armées russes envahissent le territoire de la Géorgie, état indépendant et   reconnu par l’ONU.

 

 
 

13 août 2008

 
 

Si le plan européen, présenté par le Président Sarkozy, semble   présenter quelques garanties pour un cesser le feu rapide, il présente,   néanmoins, quelques dangers comme :

 

- la non reconnaissance de   l’intégrité territoriale de la Géorgie,

 

- l’augmentation des troupes   russes d’occupation sur des territoires géorgiens.

 

 
 

15 août 2008 

 
 

La Géorgie   signe le cessez-le-feu présenté par le président de l’Union Européenne.

 

 
 

16 août 2008 

 
 

La Russie signe le cessez-le-feu mais les troupes armées russes   continuent d’occuper la ville de   Gori (ville géorgienne non contestée) et avancent à moins de 50 km de   Tbilissi, la capitale géorgienne.

 

 
 

17 août 2008 

 
 

Les troupes armées russes sont toujours sur le territoire géorgien et   pillent tous les établissements militaires géorgien sur presque l’ensemble du   pays. Elles occupent le port de Poti, sur les bords de la Mer Noire. Des   pillages systématiques ont été remarqués par la presse internationale de la   ville de Gori et des villages environnant les régions de l’Abkhazie et de   l’Ossétie du sud.

 

 
 

20 août 2008 

 
 

 L’état   major des forces armées russes essaye de rassurer les organisations   internationales en déclarant que vendredi 22 août, les troupes russes auront   quitté la Géorgie.

 

 
 

22 août 2008 

 
 

Les troupes russes n’ont toujours pas quitté la   Géorgie et occupent toujours le port de Poti.

 

 
 

24 août 2008

 
 

Les dirigeants de l’Abkhazie et de   l’Ossétie du sud demandent officiellement à la Fédération de Russie de les   reconnaître.

 

 
 

25 août 2008

 
 

Les Douma et Sénat russes reconnaissent officiellement les   républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du sud.

 

 
 

26 août 2008

 
 

Le président de la Fédération   de Russie, Medvedev, reconnaît les républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du   sud.

 

 



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